Abu nuwas: AKFA`U AL-KHAMR

Publié le par Adab arabi



أَثْنِ على الخمرِ بآلائها وسمّيها أحسنَ أسمائها

لا تَجعلِ الماءَ لها قاهراً ولا تُسلِّطها على مائها 

كرخِيّةٌ قد عُتِّقَت حقبةً حتّى مضى أكثَرُ أجزائها

فلَم يَكد يُدركُ خمّارُها منها سوى آخِرِ حوبائها

دارت فأحيَت غيرَ مذمومةٍ نُفوسَ حَسراها ، وأنضائها

والخمر قد يَشرَبُها مَعشَرٌ ليسوا إذا عُدُّوا بِأكفائها



Remarques préliminaires

Le poème comporte un nombre de vers insuffisant, ce qui ne permet pas de l’appeler « qasida ». Un seul thème est traité dans ce « musaddas » : le vin dont la présence habite chaque vers grâce à la répétition de la rime identique ها.
Le poème évoque tout le processus qui va de la préparation du vin à sa consommation.

Schéma de communication
Un narrateur apostrophe des narrataires (utilisation de l’impératif) et leur délivre son message dans lequel se trouvent évoqués plusieurs personnages :
- le tavernier,
- des consommateurs.

Premier vers
أَثْنِ على الخمرِ بآلائها وسمّيها أحسنَ أسمائها
Le premier vers annonce de manière explicite le sujet du poème. Le vin est désigné par un des termes les plus courants. Pas de recours à un procédé métaphorique.
Lexicalement, ce vers évoque des expressions coraniques : آلاء = نعمà mettre en rapport avec la répétition de ce terme dans la sourate الرحمن. Quant au sadr, il évoqueالحسنى الأسماء.
Le poète respecte une règle classique de composition par l’usage du تصريعqui consiste à faire rimer le dernier mot du صدر appelé عروض avec le dernier mot du عجز appelé ضرب .
C’est à une véritable vénération du vin que le destinataire est invité. Le mode impératif comme dans certaines sourates ne semble pas laisser un autre choix à l’auditeur.
Remarquer sur le plan phonique la présence d’une rime interne et des assonances en « s » au second hémistiche.



2ème vers
La liaison avec le vers précédent est opérée grâce à la reprise de l’impératif.
لا تَجعلِ الماءَ لها قاهراً ولا تُسلِّطها على مائها
Ce vers évoque l’opération de mélange en insistant sur le respect de l’équilibre à observer : ne pas noyer le vin dans de l’eau, mais ne pas exagérer la part de vin non plus.

3ème et 4ème vers
ألىً ج آلاء
كرخِيّةٌ قد عُتِّقَت حقبةً حتّى مضى أكثَرُ أجزائها
فلَم يَكد يُدركُ خمّارُها منها سوى آخِرِ حوبائها
# حوباء = القليل ، الثمين
حاسر = = dénudé, dépouillé أنضاء = ceux qui sont décharnés
Le vin est désigné de manière métaphorique par une kinaya qui fait référence à un lieu géographique : le quartier de Bagdad –al-Karkh- où on peut la trouver.
Le restant des deux vers va être consacré à mettre en valeur son ancienneté.

5ème vers
دارت فأحيَت غيرَ مذمومةٍ نُفوسَ حَسراها ، وأنضائها

Alors que l’amour entraîne souffrance et trépas, le vin ressuscite.

6ème vers
والخمر قد يَشرَبُها مَعشَرٌ ليسوا إذا عُدُّوا بِأكفائها
Le sens de ce vers : le « qad » marque de la probabilité. Ce vin si précieux risque d’être consommé par des buveurs qui n’en connaissent pas la valeur.

Publié dans Poésie classique

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zouhir 26/08/2010 19:19


dr Benbabaali je ne me lasserais jamais a lire vos articles j'ai appris beaucoup de chose sur la littérature arabo andalouse,votre modestie fait de vous un grand homme,merci pour tout