IBN HAZM (2) BIOGRAPHIE SOMMAIRE

Publié le par Adab arabi

 



IBN HAZM (994-1064)



Ibn Hazm, homme de l'An Mil et somptueux représentant du génie de l'Andalousie, est né en 994, à Cordoue, et mort en 1064.
Son non-conformisme exaspéré lui valut d'être plusieurs fois emprisonné, et la haine des « légistes » : on brûla ses livres !
D'une polyphonique culture, il fonde sa pensée sur une exigeante recherche du vrai. Nous laissant quelques grands traités, il lègue à la civilisation arabo-musulmane un modèle prestigieux pour affronter le changement redoutable des idées et des moeurs.


Famille
Abû Muhammad ‘Alî b. Ahmad B. Sa‘îd est né à Cordoue le 30 Ramadân 384/7 Nov. 994 et mort le 28 Sha‘bân 456/15 Août 1064 à Montija dans la province de Huelva. Poète, historien, juriste, philosophe et théologien andalou, il est l’un des plus grands esprits de la civilisation arabo-musulmane.
De souche andalouse convertie à l'islam, Ibn Hazm fut autant homme d'action qu'homme d'étude. Le Collier de la colombe est l'œuvre d'un poète d'une psychologie raffinée qui n'est pas sans affinités avec l'amour courtois ; cependant, ses ouvrages doctrinaux semblent l'emporter. Historien, juriste, théologien, il composa une critique des religions qui embrasse également les sectes islamiques et consacra plusieurs ouvrages au droit zahirite. Plutôt méfiant à l'égard de l'humaine nature, il aspirait à revivre la foi et la Loi avec la rigueur qu'elles avaient au temps du Prophète et de ses compagnons. Cette optique le rendait aussi insensible aux notions d'évolution et d'adaptation que vigoureusement rebelle au formalisme que sécrète toute sclérose .

Ibn Hazm se prétendait issu d’ascendants persans , mais le plus probable est qu’il est d’une famille de muwallads . Le père de l’auteur du Tawq, Abu ‘Amr Ahmad Ibn Sa’id Ibn Hazm ( m. en 402/1012), est le premier à avoir été évoqué dans une biographie des personnalités andalouses. Il fut ministre du hâdjib al-Mansûr C’est un homme d’une grande qualité morale, connu pour sa sagesse et ses qualités de gestionnaire. Il était très cultivé et se distinguait autant par ses talents de prosateur que de poète.

Ibn Hazm naquit Il passa toute son enfance au palais de Cordoue, dans le harem de son père. Jusqu’à 14 ans , il connut la vie facile et reçut une éducation mondaine très raffinée .
Par la suite, il vécut durant une période de trouble où al-Andalus connut des moments tragiques. Son père mourut en 1012 après avoir connu une longue disgrâce et subi le contre-coup de revers de fortunes politiques des Banu ‘Amir qu’il servait. Ibn Hazm vécut à cause de cela des jours difficiles.

Muhammad ‘Ali b. Ahmad b. Sa‘id Ibn Hazm naquit à Cordoue en 994 (384 de l'hégire). Son père fut un haut fonctionnaire touchant de très près aux sphères du pouvoir qui était alors exercé, non par le calife umayyade, mais par un « maire du palais » (le hadjib). C'est à Cordoue qu'Ibn Hazm passa son enfance, jusqu'à la chute des ‘Amirides en 1009.
L’Exil
En 1013, il dut quitter le palais de Madinat az-Zahira et Cordoue dont les habitants avaient été chassés par les Berbères. Il se réfugie à Alméria. Mais sa tranquillité y fut de courte durée car en 1016, le gouverneur de cette ville le fit jeter en prison avant de le bannir à cause de ses sympathies omeyyades. C’est alors le chemin de l’exil vers Valence où il se mit au service du prince omeyyade ‘Abd al-Rahmân IV .

Vie politique mouvementée
Mais à la suite de la défaite décisive subie par ces princes en 1018 devant les murs de Grenade, Ibn Hazm fut de nouveau emprisonné et ce n’est qu’au printemps de 1019 qu’il put rentrer à Cordoue, sa ville natale.
Quelques années plus tard, en 1023/24, il fait une brève apparition sur la scène politique. Il sera le ministre de ‘Abd al-Rahmân V d’être proclamé calife. Mais à peine monté sur le trône, ce prince fut assassiné et Ibn Hazm jeté en prison.

L’écrivain et penseur zahirite
En 1027, nous le retrouvons à Jativa où il composa son Tawq qui contient de nombreux passages autobiographiques où sont relatés plusieurs faits relatifs aux évènements vécus précédemment.
Par la suite, il s’adonnera à la science religieuse, c’est-à-dire au droit et à la théologie. Il devient le champion de l’école zahirite. Ses écrits polémiques et son engagement politique furent la cause d’une existence agitée et de persécutions dont il souffrit durement.
il fut banni de province en province ;
il se vit interdire de professer dans la Grande Mosquée de Cordoue ;
ses livres furent publiquement brûlés à Séville.

Les dernières années
Pendant quelques temps, il trouva refuge dans l’île de Majorque où il réussit à avoir un petit nombre de disciples. Mais un de ses adversaires finit par l’en chasser. Accablé, il alla finir ses jours dans un domaine rural de sa famille non loin de Badajoz. Il mourut le 16 Août 1064 (30 sha’bân 456) à 71 ans.

Publié dans Grands auteurs

Commenter cet article