"Le calame et le chant andalous"

Publié le par Adab arabi

Un prochain livre sur l'art de vivre andalou  en collaboration avec mon ami Jacques Lombard  dont le titre est : "Le calame et le chant andalous" est en préparation. Il comportera la traduction d'une cinquantaine de poèmes sur le thème du "carpe diem" andalou.
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Voici les premiers extraits de cette poésie raffinée

 

1. Him fî al-khilâ'a
Ris, chante, joue et réjouis-toi de la vie
Dans les assemblées de plaisirs, ne cherche pas querelle;
Ne troque pas le bonheur contre les peines et les tracas,
Celui qui laisse passer sa chance, un jour le regrettera
Et ne trouvera de repos nulle part.
Vaste est la terre de Dieu et la mort inéluctable;
Profite de chaque instant qui passe
Tu ne sais pas quand viendra la séparation.
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2. al-laylu walla: la nuit bat en retraîte

Ô toi qui dors, la lumière du matin accourt avec ses troupes
Et la nuit bat en retraite!

La brise, sourire aux lèvres, parcourt le jardin
Trainant les pans de sa robe sur les plates-bandes.

On me blâme pour mon amour
Alors que les amants ne pèchent jamais!

Ô nuit, douce compagne, en toi je trouve ma joie
Couvre-nous de ton voile protecteur!
Pour rien au monde nous ne nous séparerons!
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3. ‘anbar al-layl

"Dans le jardin, jouis de la douceur de la brise
La brise qui traverse de nuit ce délicieux Eden
Un Eden aussi doux que le visage du commensal
Un commensal qui ne prononce que de sages paroles:
Il compose des poèmes d’amour que l’amant comprend.

Ô nuits d’union, pourquoi êtes-vous si brèves?
Tant de fois, en compagnie des amoureux,
nous avions profité de la nuit avant le lever du jour.
Puis l’aube est venue avec sa lumière
Et on ne sut comment elle s’accoupla à la nuit."

Publié dans poèmes andalous

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Jerôme Cervera 22/08/2011 04:56


J'aime cette idée. Dans le votre, les photos permettent de s'immerger parfaitement dans l'ambiance qui règne là-bas. Elles sont un parfait complément. Ca n'a rien à voir avec tous les autres livres
de poésie. Là, il y a comme une forme de fétichisme des lieux, un ancrage matériel pour nous signifier qu'il y a une âme qui se manifeste partout à travers le matériel. Mais pas une âme qui habite
les lieux, c'est une âme qui vit à travers le souvenir entretenu et transmis de génération en génération. C'est presque un lieu de vénération. Ce lieu, c'est le calice de l'âme musulmane.

Concernant le travail de Jacques, je regarde souvent ce qu'il fait. Je regrette de buter sur l'aspect graphique et esthétique de son travail, sans pouvoir aller plus loin dans la compréhension.

Ca me fait penser à ce que j'avais lu dans Le dernier sultan de Grenade, le passage ou les chrétiens investissent l'Alhambra pour la première fois, et l'émerveillement que cette découverte avait
suscité chez eux. Vu que votre livre s'oriente clairement vers un esprit d'ouverture, dont le thème universel est le carpe diem, pourquoi ne pas essayer de se rapprocher de ce qu'ils faisaient
jadis en retranscrivant les poèmes sur la pierre ?

Les oeuvres de Jacques exigent une certaine observation, elles ont une signification propre, leur propre langage. C'est un langage qui n'est pas accessible à tous, contrairement à vos poèmes.

On pourrait penser que l'association des deux consiste à offrir une traduction d'un poème calligraphié. Malheureusement, on ne fait pas le rapprochement direct avec l'Andalousie.

Pourquoi ne pas essayer d'introduire entre les deux, une approche plus figurative, inspirée de l'architecture notamment, pour la conjuguer avec la calligraphie ?

Je trouverais très intéressant de voir apparaître dans les formes graphiques de ses calligraphies, des éléments architecturaux propres aux édifices tels que l'Alhambra ou la grande mosquée de
Cordoue. Mais juste des lignes qui apparaîtraient de façon très symbolique, comme s'il y avait cette âme qui voulait être légèrement entreperçue pour nous inciter à poser plus longtemps le regard.
Comme s'il s'agissait en fond de deviner l'esquisse d'un lieu lointain et énigmatique, dont les secrets pour y accéder consiste d'abord à en apprécier le langage décodé à travers vos poèmes.