Un poème andalou chanté: در الــــعـــقـــــار يــا ساقـي و اسقينـــي

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1er  chant  : Dîr al ‘uqâr

 



در الــــعـــقـــــار يــا ساقـي و اسقينـــي
و اجـــل الـغـــيار بالـشــرب و أحيـينــي
فـــي ذا الـنـهـــار زارني ضيا أعيـانـــي

زارنـــي غـــزالـــي واجـلــس قـبـالـــــي كأنه القـمـر يـضـوى
ما أحلا الشـــراب عـن خـد مـن نـهـــوى

زارني الحبيــــب نــقــيــم لــه حـضـــرة
مــن كـل طـــيـب و الكيوس من الخمـرة
ذاك الــرقــيـــب بـــايـــت عــلــى بـــرا

قـــــم يــــا مـــوالـي و اســـق غــــزالــي بالكأس حـتـى يروى
ما أحلا الشـــراب عـن خـد مـن نـهـــوى

 

 

 

Échanson, fais passer les coupes     
Et remplis la mienne aussi.
Que ton vin chasse mes ennuis,   
Et me redonne vie
Aujourd’hui, la lumière de mes yeux est revenue ;
Ma gazelle m’a rendu visite, Face à moi, elle s’est assise,
Et, comme un astre, m’a illuminé.
Qu’il est doux de boire,
Joue contre joue, avec sa bien-aimée.

Ma belle m’a rendu visite,
Et pour elle je fais la fête ;
J’ai préparé les meilleurs mets
Et des vins aux sublimes saveurs
Quant à l’espion qui nous épie,   
C’est dehors qu’il passera la nuit.
Lève-toi et sers ma gazelle, échanson,
Jusqu’à ce qu’elle étanche sa soif.
Qu’il est doux de boire,
Joue contre joue, avec sa bien-aimée.

Par Dieu, remplis les coupes, ami,
que ton vin chasse mes ennuis,
Et sers la lumière de mes yeux aussi.
Verse-nous à boire de ton vin
À l’ombre des feuillages en ce jardin.
Sous la tonnelle, qu’il est doux de boire,
Le cœur en fête, au comble de la joie.      
Qu’il est doux de boire,
Joue contre joue, avec sa bien-aimée.


Traduction: Saadane Benbabaali

 

 

2e chant


 Abbaqat fi r-riyâd al-azhâr, Insirâf, rasd-eddîl


Les fleurs, dans le jardin, exhalent leurs senteurs
À l’approche du jour,
Le jardin est un vrai parfumeur ;
Les oiseaux lancent leurs chants
Par-dessus les branches chargées de fruits
Et les rameaux laissent tomber leurs voiles.

Le rossignol, plein d’éloquence,
Mêle son chant haut et clair
Au son des cordes et aux refrains des chansons !
Douce est la lumière du matin,
Alors que les norias tournent en chantant
Et que, dans les canaux, l’eau coule effrontément!
Regarde les branches danser
Chaque fois que la brise passe,
Tout ici n’est que charme et beauté.
Lève-toi et admire le jardin pendant que les oiseaux chantent à tue–tête.
L’eau, comme un serpent, s’échappe des bassins
Et luit parmi les plantes tel un sabre étincelant.

Le sureau se teinte d’or,
Au milieu d’un tapis de fleurs,
Charmant est le jardin tout revêtu de vert ;
Tout ce que tu vois s’ouvre et s’épanouit
Comme ces fleurs de grenadier
Les giroflées ainsi que les fleurs d’oranger.

La brise en traversant la tonnelle,
Apporte des parfums de myrte et de basilic
Et les senteurs de la violette si raffinée ;
Sur les feuilles, comme des paumes ouvertes,
La rosée répand des perles
Qui ne se vendent ni ne se laissent voler.
Le luth et le rabab se font entendre
Et charment les amoureux,
Alors que frétillent tambourin et cymbalettes.

Lève-toi commensal, debout ! Regarde l’aube qui point !
Vois comme le vin inonde les coupes qui jettent leur éclat !
Réveille celui qui dort, tire-le de son sommeil !
Réveille aussi la belle,
Splendide comme le rayon du jour
Étoile du matin et front de lumière !
Écoute le chant du rossignol
auquel répond l’ortolan
Et remplis la coupe de cristal !

 

 

Traduction: Saadane Benbabaali 

Publié dans poèmes andalous

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